FAQ – consultations psychologiques en extérieur (psychologues)
Cette foire aux questions regroupe les principales interrogations soulevées par les psychologues et le grand public dans le cadre de l’étude exploratoire sur les consultations psychologiques en extérieur.
Elle vise à apporter des repères concrets pour mieux comprendre les conditions de mise en œuvre de cette pratique, ses limites et ses points de vigilance.
🟩 1. Définition et cadre général
🔹 Qu’est-ce qu’une consultation psychologique en extérieur ?
Il s’agit d’un entretien psychologique conduit en dehors du cabinet (parc, jardin, environnement calme), tout en respectant les exigences cliniques, éthiques et déontologiques de la pratique. Il ne s’agit ni d’une activité sportive ni d’une intervention immersive à risque.
🔹 Est-ce une pratique reconnue ?
Cette modalité reste encore peu formalisée en France, mais elle est déjà utilisée ponctuellement par certains professionnels, notamment dans le cadre :
- de troubles anxieux, dépressifs ou relationnels,
- de difficultés à rester assis en cabinet,
- d’expositions comportementales dans les TCC.
Dans les pays anglo-saxons, elle est connue sous les termes Walk & Talk Therapy ou Outdoor Therapy, comme modalité complémentaire ou, plus rarement, alternative aux consultations classiques.
🔹 Est-ce aussi efficace qu’une consultation en cabinet ?
Les données disponibles suggèrent des bénéfices potentiels pour certains patients :
- facilitation de la parole,
- diminution de la tension émotionnelle,
- amélioration de l’alliance thérapeutique,
- mise en mouvement psychique et corporelle.
Cependant, cette modalité ne convient pas à toutes les situations. Le cabinet reste une référence centrale du cadre thérapeutique.
🟦 2. Indications et limites
🔹 Toutes les personnes peuvent-elles en bénéficier ?
Non. Cette pratique suppose :
- l’accord explicite du patient,
- une indication clinique pertinente,
- une évaluation préalable.
🔹 Dans quels cas est-ce déconseillé ?
Elle est généralement déconseillée en cas de :
troubles sévères de la personnalité non stabilisés,
risque suicidaire élevé,
épisodes psychotiques aigus,
situations nécessitant un cadre très contenant.
🟥 3. Cadre pratique et sécurité
🔹 Comment gérer la confidentialité et la discrétion ?
La confidentialité constitue un point central. Le professionnel :
choisit des lieux calmes et peu fréquentés,
informe le patient des limites possibles,
adapte le rythme ou propose de s’asseoir si nécessaire,
prévoit une conduite à tenir en cas d’interruption ou d’intrusion,
peut proposer un retour en cabinet si les conditions ne sont plus réunies.
Un consentement éclairé spécifique est recommandé.
🔹 Que faire en cas d’émotion intense ?
Si une émotion forte survient (pleurs, anxiété, colère), le psychologue peut :
ralentir ou interrompre la marche,
proposer de s’asseoir,
recentrer l’échange,
écourter la séance si nécessaire.
Comme en cabinet, la sécurité psychique du patient reste prioritaire.
🔹 Que faire en cas de problème de sécurité ?
Les séances se déroulent de préférence :
- de jour,
- dans des espaces accessibles,
- sans isolement.
En cas de situation de crise, les règles habituelles de la pratique clinique s’appliquent (évaluation, recours aux secours si nécessaire, arrêt de la séance).
Le professionnel évite notamment le transport du patient en voiture et les situations à risque.
🔹 Comment s’habiller pour une séance en extérieur ?
Une tenue confortable est recommandée, mais elle doit rester :
- sobre,
- adaptée,
- compatible avec une posture professionnelle.
Le cadre demeure thérapeutique, même si le contexte est plus informel.
🟪 4. Cadre professionnel et réglementaire
🔹 Faut-il un cabinet pour pratiquer ce type de consultation ?
Dans la majorité des cas, oui.
La consultation en extérieur s’inscrit le plus souvent :
comme une modalité complémentaire,
dans un suivi incluant des séances en cabinet,
rarement comme mode exclusif de pratique.
Il est néanmoins possible d’exercer exclusivement en extérieur, à condition de poser un cadre clair. Une première séance en intérieur ou en visioconférence est souvent utile pour expliciter la démarche.
🔹 Les consultations en extérieur sont-elles remboursées ?
Il n’existe pas de codification spécifique en France.
Les règles de facturation sont les mêmes que pour les consultations classiques, dans le respect du cadre légal et conventionnel du professionnel.
Une information claire du patient est recommandée.
🔹 Cette pratique est-elle encadrée juridiquement ?
Elle relève du même cadre que les consultations en cabinet :
- code de déontologie des psychologues,
- responsabilité professionnelle,
- assurance adaptée.
L’utilisation d’un contrat d’accompagnement en extérieur et d’un formulaire de consentement spécifique sont fortement recommandés (voir ci-dessous).
🔹 Quelle différence entre le contrat d’accompagnement et le formulaire de consentement éclairé ?
Le contrat d’accompagnement et le formulaire d’information et de consentement éclairé remplissent des fonctions complémentaires, mais distinctes.
Le contrat d’accompagnement définit le cadre général de la relation thérapeutique.
Il précise notamment :
- les modalités pratiques (durée, fréquence, honoraires),
- les conditions d’annulation,
- les responsabilités respectives,
- et les règles de fonctionnement du suivi.
Le formulaire d’information et de consentement éclairé vise, quant à lui, à informer spécifiquement le patient des particularités de la consultation en extérieur.
Il porte notamment sur :
- les limites de confidentialité,
- les contraintes liées à l’environnement (météo, présence de tiers),
- les risques potentiels (déplacements, terrain, imprévus),
- et les conditions spécifiques de déroulement des séances.
👉 En pratique, le contrat encadre la relation thérapeutique dans son ensemble, tandis que le consentement éclairé formalise l’accord du patient concernant les spécificités du dispositif en extérieur. (Vous pouvez télécharger ces documents ici).
🔹 Faut-il une formation spécifique pour pratiquer en extérieur ?
Non, pas nécessairement.
L’expertise clinique du professionnel et le respect du cadre déontologique constituent les fondements de la pratique, quel que soit le lieu.
Une formation complémentaire peut toutefois être pertinente si l’environnement naturel devient un véritable médiateur thérapeutique (écothérapie, médiation par la nature).
Dans ce cas, il est utile d’acquérir des repères spécifiques (interactions humain–nature, symbolique, sécurité).
En pratique, il est possible de débuter progressivement, dans un cadre connu, et d’ajuster en fonction de son expérience et de celle des patients.
🔹 Existe-t-il des formations spécifiques à l’écothérapie ?
Plusieurs voies de formation existent pour les psychologues souhaitant développer une pratique en extérieur.
Certaines prolongent des approches cliniques existantes (TCC, ACT, pleine conscience), adaptées au contexte extérieur. D’autres relèvent de l’écothérapie et accordent une place plus centrale à la relation à la nature comme médiateur thérapeutique.
L’offre reste aujourd’hui hétérogène et peu standardisée, ce qui invite à une analyse critique des contenus proposés (cadre théorique, compétences visées, ancrage clinique).
Des formations universitaires existent également, notamment sous forme de diplômes universitaires autour des liens entre santé et environnement.
Au-delà des formations, certains ouvrages, majoritairement en langue anglaise, abordent des approches proches de la pratique en extérieur, notamment dans le champ de la walk and talk therapy ou des interventions en milieu naturel.
Ces ressources peuvent constituer des repères théoriques et cliniques complémentaires, bien que les cadres proposés restent hétérogènes et non standardisés.
En contexte francophone, les publications spécifiquement consacrées à ces pratiques demeurent encore limitées, ce qui souligne l’intérêt de développer des travaux empiriques et des cadres de référence adaptés.
À titre indicatif, certains travaux peuvent être consultés, notamment :
– des publications anglo-saxonnes autour de la walk and talk therapy :
Udler, J. (2023). Walk and talk therapy : A clinician’s guide to incorporating movement and nature into your practice. PESI Publishing.
– des ouvrages introductifs à l’écothérapie en contexte francophone :
Altenloh, E., Busigny, T., Desbrosses, Y., Lécuyer, N., Richebourg, S., Roura, C., Turconi, E., & Le Breton, D. P. (2025). L’écothérapie : Fondements et pratiques. De Boeck Supérieur.
Ces références sont mentionnées à titre exploratoire et ne constituent pas des recommandations normatives.
🟧 Aller plus loin
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